Un peu d’histoire : L’évolution du moulin

Au moyen âge, la plupart des moulins sont d’origine seigneuriale ou dépendent de monastères, qui doivent nourrir une importante population. En effet, il faut disposer juridiquement du cours d’eau et pouvoir faire face aux frais de construction et d’entretien.
Les paysans des alentours semblent trouver commode de venir y moudre leur blé.

Cependant, à partir du Xeme siècle, les seigneurs, usant de leurs pouvoirs de commandement, instaurent à leur profit certains monopoles. Le plus ancien et le plus répandu de tous est celui du moulin banal : tout le blé récolté dans un certain périmètre du moulin, doit y être amené et moulu contre redevance. Cette redevance s’appelle le droit de banalité, reversé d’une part au maître de l’eau, le seigneur et au maître des meules, le meunier. Mais les meules domestiques, à mains, résistèrent longtemps à ce monopole.

Le meunier ne possède pas le moulin qui appartient au seigneur, mais celui-ci donne des terres à cultiver pour sa propre consommation. Le meunier est tenu de tout le service qui incombe au moulin : entretien du canal, du bâtiment et des meules qui doivent être piquées régulièrement. Les revenus des meuniers ne sont pas très bien connus, on connaît simplement les droits de mouture qu’ils prélevaient. En 1152 un statut déclare que les meuniers ne pourront prélever au maximum qu’un 1/16 du grain porté à moudre, cela pouvait varier selon les Pièves, on trouvait des taux allant de 1/24 à 1/32. Il était, en théorie, pas permis aux meuniers de mesurer eux-mêmes leurs droit de mouture…

Cependant, même à l’époque féodale, certains moulins étaient déjà entre d’autres mains que celle des seigneurs.
C’est le cas en haute Corse ou douze moulins à partir du début du XIVeme siècle avaient déjà la structure d’une société par actions : les pariers (actionnaires) possédaient une part du capital mesurée en uchaux (un uchaux équivaut à 1/8 meule).

La France du nord est le pays du moulin à roue verticale et la France du sud est le domaine de la roue horizontale à l’exception d’une région : La CORSE.

Le Finistère présentait autant de moulins horizontaux que verticaux.

La Corse présente un comportement inverse : le moulin vertical est majoritaire alors que sur la côte méditerranéenne, c’est le moulin horizontal qui domine.
La Corse ayant été achetée par la France aux Génois, il se peut que le moulin à roue verticale ait été introduit par des administrateurs ou artisans venus de Paris ou du nord de la France.

A partir du XIeme siècle lors de la colonisation pisantine et au XIIIeme siècle par les génois la Corse et surtout la côte orientale fût le grenier a blé (épeautre, orge, seigle) de l’Italie et de la Sardaigne. Plus de la moitié des terres étaient cultivées (550 000 hectares dont 180 000 labourables).

Ces chiffres n’ont guère varié jusqu’à la fin du XIXeme siècle.
A cette époque, la Corse comptait plus de 1000 petits moulins à eau. Depuis ce chiffre n’a cessé de diminuer et le dernier moulin à arrêté son activité dans les années 1950.

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